Cathédrale du Mans | Notre Dame de la Couture

Méditons la Parole de Dieu avec le Chanoine Sesboüé

Pendant de nombreuses années, les paroissiens ont bénéficié des homélies et enseignements du Chanoine Sesboüé, exégète, ancien professeur au Séminaire et intervenant à la Formation permanente du diocèse. Après son retrait des activités paroissiales il a pris le temps de collecter et relire toutes ses homélies des trois années liturgiques. A partir du temps de l’Avent de cette Année A, chaque dimanche, nous nous réjouissons de méditer avec  lui la Parole de Dieu.

Sainte Famille Année A                                                               30 décembre 2002

 

A l’école de la Sainte Famille

 

Dans l’atmosphère de la fête de Noël, l’Eglise porte aujourd’hui notre regard sur la Sainte Famille de Nazareth pour que nous puissions nous mettre à son école. Essayons, à l’aide des lectures de ce dimanche, de tirer trois leçons principales.

 

  • La prière

 

Décrivant, pour les premières communautés chrétiennes, ce que doit être leur vie spirituelle, Saint Paul recommande d’accueillir la parole du Christ en toute sa richesse, d’offrir leurs actions de grâces par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels. Cette vie de prière et de méditation fut d’abord celle de la Sainte Famille. La méditation de la parole de Dieu, des évènements du salut venant sur terre était chère à Marie qui, nous dit Luc, retenait tous ces évènements, les méditant dans son cœur. Quant aux psaumes et aux hymnes, nous savons qu’ils étaient la forme privilégiée de la prière d’Israël. Jésus, Marie, Joseph ne se sont pas lassés de reprendre assidument ces psaumes évoquant les différentes situations – heureuses ou malheureuses – du peuple et des fidèles en particulier. N’est-ce pas un appel aux familles chrétiennes ? C’est en elles que se fait l’apprentissage de la prière, que le goût de prier s’approfondit sans cesse. C’est dans le contact personnel avec le Dieu d’amour qu’elles puisent leur force et leur joie de vivre de Jésus, de donner à notre temps un témoignage lumineux.

2) L’obéissance au plan de Dieu

 

L’épisode de la fuite en Egypte, qui nous est offert aujourd’hui, met en relief l’obéissance de Joseph. A l’aller et au retour, il reçoit l’appel divin : Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et y répond aussitôt : Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère.

L’obéissance de Jésus est aussi soulignée par Luc : il leur était soumis.  Cette soumission à Marie et Joseph annonçait l’obéissance totale de Jésus à son Père. Il dira : je fais toujours ce qui lui plait.

Marie a été aussi un modèle d’obéissance, ce qui est exprimé par le oui de l’annonciation.

L’obéissance à Dieu par la pratique de l’Evangile de Jésus est la condition d’une vie de foi profonde, d’une vraie liberté. En éduquant les jeunes à suivre Jésus de près, en leur donnant l’exemple d’une vie fondée sur le oui au Seigneur, les parents chrétiens deviennent des éducateurs de liberté, de vrai bonheur. Ils sont, au sens le plus profond du terme, artisans de paix.

 

  • La délicatesse de l’amour

 

L’obéissance de Jésus à Marie et Joseph exprimait aussi une affection filiale très délicate. Et nous n’avons pas de peine à nous représenter celle qu’il recevait de ses parents. Ainsi dans le tableau de la vie de relation présenté par l’épître aux Colossiens – qui s’applique en premier lieu aux familles – ? nous de recommandations qui culminent dans ce mot d’ordre : par dessus tout qu’il y ait l’amour. Ce triomphe de l’amour sur l’égoïsme, sur les inévitables heurts quotidiens venant de tempéraments différents, d’incompréhensions, d’énervements, demande l’exercice de la miséricorde et du pardon.

Et par là se nouent les liens affectifs qui sont une source de joie, de bonheur. Qui ne voit l’actualité de ces recommandations de l’apôtre : tendresse, bonté, humilité, douceur, patience ? Le souci de faire plaisir, de réconforter, d’aider à grandir spirituellement, en fait d’aimer en se donnant, est demandé dans les diverses relations mutuelles : entre époux, entre parents et enfants, entre frères et sœurs.

Ecoutons la tentation de trouver tout cela utopique, impossible à réaliser. C’est en prenant au sérieux les appels de Jésus que nos familles peuvent progresser dans l’amour vrai, dans le bonheur.

A une époque où l’on dit que la famille se transforme – mais dans un sens que le chrétien déplore souvent – que nos familles, imprégnées de l’exemple de la sainte Famille, soient heureuses de montrer que la fidélité à l’Evangile est seule source de bonheur vrai et durable. Par la vie de prière, par le souci de l’obéissance au plan de Dieu, par la délicatesse de l’amour, les familles chrétiennes sont les humbles instruments de la révélation du salut que le Seigneur offre à toutes les familles de la terre. De cette mission exigeante, elles sont heureuses. Amen